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En préparant le colloque du 9-10 octobre 2025, j’ai été amené à lire Jean-Pierre Chartier, feu ancien directeur de l’École des Psychologues Praticiens. Ouvrage : Jean-Pierre Chartier, Les transgressions adolescentes, Paris, Dunod, 2010, 200p.
C’est du bullshit complet. Je viens donc d’en rédiger un compte rendu (très) critique de lecture que vous jugerez peut-être mériter d’être publié sur le site.
Ce monsieur avait un problème avec les droits de l&rs
En préparant le colloque du 9-10 octobre 2025, j’ai été amené à lire Jean-Pierre Chartier, feu ancien directeur de l’École des Psychologues Praticiens. Ouvrage : Jean-Pierre Chartier, Les transgressions adolescentes, Paris, Dunod, 2010, 200p.C’est du bullshit complet. Je viens donc d’en rédiger un compte rendu (très) critique de lecture que vous jugerez peut-être mériter d’être publié sur le site.
Ce monsieur avait un problème avec les droits de l’enfant et a été largement écouté comme « expert ». Les blocages d’évolution législative en France cadrent parfaitement avec ses recommandations au Sénat, il est grand temps de débunker ces écrits (considérés comme des références). Voici mon texte, incluant ses citations qui vont, je crois, vous ravir :
Ce livre est en fait un recueil éparse d’articles de l’auteur, de chapitres d’autres de ses livres, de passages de sa thèse et de textes déclarés « inédits » (qui semblent plutôt avoir été réfusés par les pairs dans plusieurs revues.
Est annoncé un ouvrage sur les « transgression adolescentes » mais il y sera souvent questions d’adultes plus ou moins renvoyés à leur enfance et/ou adolescence mais aussi de gestion et « management » des établissements spécialisés.
Tout cela ne serait pas trop gênant si l’ouvrage n’était pas parsemé d’idéologie adultiste, misopède et autoritaire ni de bullshit psychanalytique du XXe siècle, totalement dépassé et ravalé depuis longtemps à l’état de pseudo-science par la communauté scientifique et médicale. Page 2, l’auteur sent d’ailleurs passer le vent du boulet : « Le contexte actuel du scientisme et d’organicisme qui renoue avec la vieille tradition médicale pré-freudienne ».
La première phrase du livre, annonce la couleur d’emblée : « Adolescence rime avec délinquance. Progresser, régresser, transgresser résument la problématique centrale de l’adolescence » (sic). Parmi le florilège, on notera « Quand Thomas More publia, en 1516, Utopia, il ne pouvait pas imaginer que le titre de son ouvrage définirait la place des jeunes adolescents et adultes qui aujourd’hui sont « sans lieu » car insupportés partout et par tous ». Si l’auteur avait vraiment lu Thomas More, il aurait, au passage, constaté que l’utopie présentée dans le livre est loin de donner une place de choix aux adolescents et prône un modèle strictement autoritaire.
L’ouvrage est ainsi ponctué de réflexions tournant autour du lieu commun du soi-disant manque d’autorité et du soi-disant « manque de repères » des jeunes gens, cela en prenant appui sur des cas pathologiques extrêmes censés appuyer une illustration générale de l’adolescence. Ce sophisme n’est à aucun moment objet d’une réflexion. C’est même assumé : « Pour Anna Freud, » le diagnostic différentiel entre les bouleversements de l’adolescence et la véritable pathologie est une tâche très difficile » ».
De surcroît, les cas cités en exemples sont presque tous victimes d’inceste et de graves violences éducatives (« À travers l’alcool et les coups, se revisitait chaque soir au domicile familial la saga des conquêtes et des défaites de l’empire français » pour « Jean-Pierre », « coups de ceinture » pour « Lionel », que son père, trop faible pour le faire lui-même, livrait à sa mère). On y trouve aussi des enfants surinvestis par leurs parents qui y projettent leurs ambitions démesurées de réussite. Mais l’auteur n’interprète tout cela quasiment qu’en termes freudistes et ramène l’inceste à l’ « Œdipe », les violences autoritaires à des questions de « transfert », ce qui évidemment crée une belle cécité de nature idéologique. « Le climat incestuel, c’est à dire une ambiance qui présente toutes les marques de l’inceste – sans pour autant qu’il ait réalisation sexuelle complète – autorise ainsi toutes les transgressions futures ». « Pour conclure, l’absence de limites rencontrées dans l’enfance fait de l’adolescent un sujet en risque de devenir sans limites en perpétuant la mégalomanie infantile ». On passe ainsi des violences subies au « manque de limites » et au manque d’autorité ; le biais idéologique est stupéfiant. La touche freudienne en rajoute : « Les conduites ordaliques, les actes délinquants participent de ce processus de réorganisation de la vie libidinale ».
À plusieurs reprises, l’auteur défend l’idée freudienne de l’enfant « pervers polymorphe ».
On y trouve d’autres sottises : ici, on ne sait si c’est une interprétation psychanalytique de l’autisme alors qu’il est neurologique ou si c’est un contresens sur le terme « autisme » : «Au fur et à mesure que Thanatos détruit en lui le « bon objet » interne qui aurait, il désinvestit sa victoire dans la mise à mal du bon objet interne qui aurait permis à ces sujets de vivre, d’apprendre à parler et d’échapper à l’autisme ».
L’auteur parvient aussi, en une demi-page, à faire la synthèse tant attendue de la relativité générale et de la physique quantique en les unissant même avec la génétique et le freudisme : « La délocation dont il fut l’objet, c’est-à-dire cette expulsion d’une matrice sans introduction réelle à la vie humaine (Sélosse, 1991) sape les bases de l’éthique. Elle aura des conséquences sur l’intrication pulsionnelle.
Si l’on compare le psychisme élémentaire de l’être humain à la structure hélicoïdale de l’ADN, telle que l’ont mise en évidence Watson et Cricks [sic], une branche représentait une pulsion de vie et l’autre une pulsion de mort reliée à la première par la pulsion d’emprise qui essaie de maîtriser l’excitation haineuse en la « libidinisant ». Le sadisme et le masochisme vont être, pour ces sujets, des moyens ultimes pour tenir en respect une pulsion de mort partiellement déliée par la faillite initiale de l’établissement du lien à l’autre. J’ai appelé cette catastrophe interne le « trou noir psychique » ; comme le trou noir dans le cosmos qui retient et « accrète » les étoiles, il garde prisonnière la libido du sujet et attire à lui les êtres et les objets qui passent à sa portée pour les détruire. ».
L’auteur précise : « L’analyste doit être avant tout contempteur des évidences, un poète inspiré par l’esprit de l’enfance ». On pourrait rire de ce bullshit, mais le souci est que l’auteur a précisément un problème avec les enfants : « la convention des droits de l’enfant, dont on fêtait en grande pompe l’anniversaire, n’est-elle pas la plus grande aberration des temps modernes, pour reprendre le titre du film de Charlie Chaplin, en ce qu’elle consacre le déni de la nécessaire différence entre le statut d’adulte et celui d’enfant ? ».
Ce dernier passage cité n’est pas resté confiné dans cet obscur ouvrage. L’auteur l’a prononcé devant le Sénat en 2002 où il était reçu, en ajoutant « Le contenu n’est pas mauvais, mais il faut dire que ce sont les parents qui sont obligés de se comporter d’une certaine manière et non pas les enfants qui ont des droits ! » (Rapport sénatorial n° 340, 2001-2002). Ce genre de personnage a donc été largement écouté comme « expert » et manifestement suivi, la France ayant précisément un retard considérable en matière de droits de l’enfant, en particulier de droits-libertés et de capacité juridique.
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11 décembre 2024 à 9 h 25 min en réponse à : Ne pas être seul/e face à l’institution scolaire #14367Désolé d’arriver après la bataille, j’avais moi-même des conseils…Oui, pas mal de profs sont psychorigides, surtout en collège. Je me suis amusé à compter le nombre de fois où le mot « travail » est prononcé dans un conseil : j’ai atteint 180. Peut-être au GOuLag prononçait-on « работа! работа! работа! работай! работай! работа! на работу! » à une fréquence supérieure.
Mais dans mon lycée, j&r
Désolé d’arriver après la bataille, j’avais moi-même des conseils…Oui, pas mal de profs sont psychorigides, surtout en collège. Je me suis amusé à compter le nombre de fois où le mot « travail » est prononcé dans un conseil : j’ai atteint 180. Peut-être au GOuLag prononçait-on « работа! работа! работа! работай! работай! работа! на работу! » à une fréquence supérieure.
Mais dans mon lycée, j’ai surtout dû batailler lors du projet d’établissement, avec le truc qui revient à la mode : » se lever quand un adulte entre dans la classe ». En particulier, j’ai une belle prise de bec avec un collègue d’origine malgache et réunionaise : son attitude ressemble beaucoup à ce qui a été récemment relaté pour les Antilles.
J’ai transmis cela aux représentants des lycéens au CVL… L’administration l’a fait aussi mais en édulcorant et en cachant ce débat.
A-t-on des preuves archéologiques concrètes qu’avant le Néolithique, les structures sociales étaient beaucoup moins fondées sur des rapports de domination ?
Bonjour,Pour commencer à me familiariser avec la publication de la lettre, j’ai pris connaissance des courriels de Sophie ainsi que les conseils publiés sur https://intranet.oveo.org/wiki/fiches-de-postes-des-responsabilites-a-loveo/.
Je ne pense pouvoir aller plus avant sans passer par la pratique, il faudra décider d’une visio avec Sophie.
Si j’arrive à sortir quelque chose de c
Bonjour,Pour commencer à me familiariser avec la publication de la lettre, j’ai pris connaissance des courriels de Sophie ainsi que les conseils publiés sur https://intranet.oveo.org/wiki/fiches-de-postes-des-responsabilites-a-loveo/.
Je ne pense pouvoir aller plus avant sans passer par la pratique, il faudra décider d’une visio avec Sophie.
Si j’arrive à sortir quelque chose de correct, j’enverrai alors pour révision à Catherine Barret.
Bonjour,
Il sera possible de présenter, dans les Ardennes, Émanciper l’Enfance (mais aussi La Domination Oubliée) au Café-Librairie Chez Josette.
On me demande toutefois de faire venir, si possible, un autre co-auteur (qui aura possibilité de défraiement).
26 novembre 2024 à 15 h 14 min en réponse à : Travail avec la Fondation de l’enfance : nouvelle PPL #14253Comme je le disais à l’AG, il faudrait commencer à réfléchir à une PPL non plus sur les seules violences mais élargie enfin à la domination adulte.– Modification du statut de « mineur » un peu dans l’esprit du Nouveau-Brunswick au Canada : ce n’est plus une exclusion des droits fondamentaux mais la prise en compte d’une vulnérabilité pour les exercer. Il faut évidemment se méfier de cette notion, à la mode en ce moment en droit, qui peut encore et
Comme je le disais à l’AG, il faudrait commencer à réfléchir à une PPL non plus sur les seules violences mais élargie enfin à la domination adulte.– Modification du statut de « mineur » un peu dans l’esprit du Nouveau-Brunswick au Canada : ce n’est plus une exclusion des droits fondamentaux mais la prise en compte d’une vulnérabilité pour les exercer. Il faut évidemment se méfier de cette notion, à la mode en ce moment en droit, qui peut encore et toujours faire retomber sur la tutelle et l’autorisation d’un « majeur » pour tout et pour rien.
– Décision d’orientation scolaire et de choix de ses langues, options et spécialités par l’élève lui-même et non plus par sa « famille ».
– Suppression, comme en Espagne, des autorisations stupides (genre pour envoyer un poème à un concours littéraire collégien) sur le fondement d’une « capacité naturelle de l’Enfant ».
– Ratification effective de l’article 14 de la CIDE dans la loi française et mise en conformité avec la laïcité du statut des moins de 18 ans, ce qui implique de ne plus voir de jugements hallucinants, lors de divorce, oùl le juge décide de la religion de l’enfant en fonction de l’état antérieur au moment du contrat de mariage… Cela impliquerait aussi une autonomie totale en la matière, au moins pour les ados, comme en GB et en Allemagne avec la pré-majorité religieuse (ce qui permettrait aussi de refuser son inscription en école type Riaumont par un droit opposable) et, a minima, consultation obligatoire et consentement pour les plus jeunes.
– Suppression du vocable « mineur », comme en Écosse…
À noter que le Parti Pirate a déjà une proposition similaire en la matière mais avec un fâcheux seuil à 15 ans.
J’ai bien lu ton message, Sophie…
Effectivement, j’aurais besoin de cela car, pour l’instant, avec ce que tu m’as expliqué, ça me paraît encore abstrait. Je n’ai pas mis les mains dans le cambouis et n’ai de toute façon pas les codes.
Ma semaine est blindée mais je tenterai de consacrer rapidement un temps à cette question.
Je suppose qu’il faut écrire une ligne très synthétique par auteur ?
Pour le reste, je ne suis pas « communicant ». Je connais deux petites librairies, par lesquelles je passe pour éviter de commander chez Amazon (ce qui d’ailleurs m’a valu une rupture avec Michel Fize).
je leur en parle la semaine prochaine comme si j’allais ramasser des fraises ?
Bien évidemment, Gabriel.Tout le milieu de la pédagogie va nous sortir des discours ronflants sur « l’élève acteur de son parcours » qui « construit lui-même son savoir » mais en se gardant bien de lâcher la laisse de la domination.
Pire : cette obsession de « mettre en activité » les élèves est en fait un alibi progressiste pour en fait transformer l’autorité traditionnelle en « management », où l’enseignant vérifie qu’il est toujours « o
Bien évidemment, Gabriel.Tout le milieu de la pédagogie va nous sortir des discours ronflants sur « l’élève acteur de son parcours » qui « construit lui-même son savoir » mais en se gardant bien de lâcher la laisse de la domination.
Pire : cette obsession de « mettre en activité » les élèves est en fait un alibi progressiste pour en fait transformer l’autorité traditionnelle en « management », où l’enseignant vérifie qu’il est toujours « occupé » ; les INSPÉs parlent même de rentabiliser l’heure de cours. Alors que le cours magistral laissait la place à la rêverie et l’esprit qui vagabonde.
Je me rends compte à quel point je les ai emmerdé dès que j’ai parlé de toucher au droit et aux procédures pour réellement lâcher la laisse tenue par les adultes. Il fallait voir leurs tronches (concours de l’innovation 2019) et leurs arguties : « vous savez, dans le concret, ça ne changerait pas grand’chose ». Ils ont tout fait pour invisibiliser le boulot.
L’Éducation Nationale est une belle saleté emballée dans une espèce de progresisme convenu qui est magnifique tant qu’on ne gratte pas au-delà des formules qu’ils répètent depuis 35 ans.
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