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18 août 2020 à 22 h 06 min en réponse à : Discussion sur la philosophie de l’OVEO (et la domination adulte) #6102Bonjour,
j’ai lu et relu vos contributions et je m’en nourris
ce que je peux dire des violences sexuelles ordinaires c’est qu’elles sont éducatives dans la mesure où elles sont en lien avec des normes éducatives implicites, dont ne sont pas conscient.e.s les adultes ou les enfants pubères. On peut parler ici de leurs contributions à la culture du viol et de l’inceste. Ce que nous dit Dorothée Dussy (voir son livre en ligne aux éditions La discussion, « Le
Bonjour,j’ai lu et relu vos contributions et je m’en nourris
ce que je peux dire des violences sexuelles ordinaires c’est qu’elles sont éducatives dans la mesure où elles sont en lien avec des normes éducatives implicites, dont ne sont pas conscient.e.s les adultes ou les enfants pubères. On peut parler ici de leurs contributions à la culture du viol et de l’inceste. Ce que nous dit Dorothée Dussy (voir son livre en ligne aux éditions La discussion, « Le berceau des dominations, anthropologie de l’inceste ») c’est que ce n’est pas l’inceste qui est interdit, mais le fait de le révéler, d’en parler.
la violence dite ordinaire est éducative dans la mesure où elle s’exerce pour faire rentrer le jeune être humain dans la culture de référence des adultes, dans des normes explicites et implicites. Implicites qu’il faut donc mettre à jour. Comme les féministes mettent à jour peu à peu la culture du patriarcat, culture qui aliène certes les femmes, mais aussi les hommes.
Je ne me sentais pas féministe au sens de Beauvoir et donc du rejet de la fonction maternelle, je me sentais plus écoféministe en lisant Daliborka; Depuis plusieurs mois j’écoute des podcasts, 3 en particulier :
Arte Radio Mon podcast à moi, Les couilles sur la table de Binje audio et Games of Hearth
et je me rends compte à quel point mon éducation et ma vie a été marqué par une introjection que j’étais une fille, une femme, alors que j’ai refusé le mariage et que j’ai toujours été indépendante. L’idée qu’il faut être jolie pour réussir par exemple, voir pour exister. Ce double regard qu’ont les femmes, ou les hommes qui paraissent non virils, le leur et en plus celui des autres, sur leur apparence. Et tant de choses que je découvre ou que je regarde autrement maintenant.
Donc éducatif au sens de rentrer dans la norme, par exemple « on ne vit pas dans un monde de bisounours » l’importance de la compétition, des rapports de forces, de la comparaison, de la rentabilité, …
de l’efficacité, c’est aussi du point de vue de la norme, positif. Et contestable de mon point de vue. Visons nous l’efficacité ou l’authenticité, la congruence, je n’ose dire une recherche du juste, de la justice, de l’égalité, de la vérité ?
Par ailleurs la notion d’abus sexuels (référence aussi à l’apport d’Olivier Maurel) n’existe pas du point de vue juridique, on parle d’atteintes sexuelles. Abuser signifie que l’on use de trop, on admet dès lors que l’on use de l’enfant…. ce qui est certainement juste.
Il me semble que l’OVEO a été avant gardiste sur la question de la VEO, il ya 15 ans.
Aujourd’hui portons la proposition que l’OVEO soit avant-gardiste sur la question de la domination de l’adulte sur l’enfant, car c’est cette domination qui permet la VEO. De toute façon si nous ne le faisons pas d’autres le feront. La question des dominations est sur la table, domination sociale en première lieu, au vue du contexte politique et écologique.
Comment peut-on aujourd’hui présenter les adultes comme des modèles ? Pour répondre il suffit de regarder autour de nous la situation du monde, de notre monde, des êtres humains.
Il y a un vrai travail à faire d’explicitations de ce qu’est la domination adulte, qui de mon point de vue sera plus important que celui de toutes les autres dominations, car elle est la seule où tous les êtres humains passent de dominé.e.s à dominant.e.s. et la seule qui n’a jamais été exploré par les philosophes, les anthropologues, les historiens, les religions….les classes populaires, les femmes, les artistes…..Personne , ou si peu, a porté la voix et la souffrance des enfants
C’est un travail de recherche qui s’annonce primordial, qu’ont entamé les anglophones via les Childhood Studies et en France Dorothée Dussy, Tal Pitterbraud-Merx, Pascale Garnier et certainement d’autres.
Pour moi c’est enthousiasmant, cela me rend optimiste.
Texte de Cathy pour MarianneMarianne tu n’es plus là pour échanger sur notre sujet de prédilection avec ton esprit averti et avisé
Plusieurs fois par an par téléphone, de vive voix lors de mes passages à Montpellier, c’était toujours enthousiasmant, éclairant
Avec toi je me sentais portée par cette avant garde que j’aime tant, cette nécessité de voir plus loin que les conventions, les présupposés
Après notre première rencontre dans un groupe Leche Ligue, no
Texte de Cathy pour MarianneMarianne tu n’es plus là pour échanger sur notre sujet de prédilection avec ton esprit averti et avisé
Plusieurs fois par an par téléphone, de vive voix lors de mes passages à Montpellier, c’était toujours enthousiasmant, éclairant
Avec toi je me sentais portée par cette avant garde que j’aime tant, cette nécessité de voir plus loin que les conventions, les présupposés
Après notre première rencontre dans un groupe Leche Ligue, nous n’avons pas lâché notre fil, je poursuis mes discussions avec toi intérieurement
Ton engagement était entièrement désintéressé, entier, sensible. Il était à la hauteur de ta personne et de tes idéaux
Le vide est là, l’énergie tendre et délicate reste
Bonjour
je suis disponible pour participer à cet article Anne Claire
qui d’autres ?
Oui Catherine je suis d’accord bien sûr pour relayer l’article de Médiapart sur le site
je vais aussi répondre sur le sujet Philosophie/Positionnement de l’OVEO
et aussi pour Marianne
Bonjourj’ai bien lu ce que tu as écrit Catherine, je vais essayer ce WE 🙂
j’ai trouvé cet article sur Médiapart et j’avais envie de vous le partager, (je n’ai pas lu le roman) :
«Une république lumineuse» brise le mythe de l’innocence enfantine
5 JUILLET 2020 PAR MELINA BALCÁZAR (EN ATTENDANT NADEAU)Une bande d’enfants sème la terreur dans une ville tropicale. Dans son nouveau roman, Andrés Barba fait de l’enfance une puissance de subversion polit
Bonjourj’ai bien lu ce que tu as écrit Catherine, je vais essayer ce WE 🙂
j’ai trouvé cet article sur Médiapart et j’avais envie de vous le partager, (je n’ai pas lu le roman) :
«Une république lumineuse» brise le mythe de l’innocence enfantine
5 JUILLET 2020 PAR MELINA BALCÁZAR (EN ATTENDANT NADEAU)Une bande d’enfants sème la terreur dans une ville tropicale. Dans son nouveau roman, Andrés Barba fait de l’enfance une puissance de subversion politique et littéraire : « L’enfance est plus puissante que la fiction », prévient l’écrivain espagnol.
De notre conception de l’enfance incarnée par de petits êtres aimants, polis, propres et bien éduqués, il restera très peu après la lecture d’Une république lumineuse : le roman remet en question « cette fiction sociale » qui considère le temps de l’enfance comme celui de l’innocence sacrée. Mais le roman de l’écrivain et traducteur espagnol Andrés Barba interroge plus largement notre rapport au pouvoir, à la communauté, au corps. Il tente de libérer par le récit la force aveugle et occulte de l’enfance, capable de troubler l’ordre social et politique.
Le roman se déroule à San Cristóbal, une ville de province située dans un pays tropical imaginaire, marqué par de fortes inégalités, qui rappelle les dysfonctionnements des sociétés latino-américaines. D’un côté, San Cristóbal, « deux cent mille habitants, avec ses familles traditionnelles, ses combines politiques et sa langueur tropicale », de l’autre, les Indiens ñeê, dont la pauvreté semble « inévitable ».
Leurs enfants respectifs sont à leur image : il y a ceux qui ont une vie bien réglée par l’école et de multiples activités extrascolaires, et ceux qui nettoient les vitres des voitures ou demandent une pièce à chaque feu rouge. Autant d’enfants dociles que le confort ou la mendicité ont domestiqués.
Ce quotidien défaillant, dont tout le monde s’accommode, est perturbé par une apparition mystérieuse : celle d’un groupe de 32 enfants, âgés de 9 à 13 ans, qui sèment le chaos et la peur dans la vie paisible des habitants. Le narrateur revient sur cet événement survenu 20 ans auparavant, alors qu’il était un jeune fonctionnaire des services sociaux. Il entreprend la « chronique d’une mort annoncée », mort qu’il nous apprend dès la première page : l’image de ces petits cadavres hante la mémoire du narrateur ; il s’efforce de déceler et d’interpréter – sans y parvenir – les signes qui ont conduit à ce dénouement tragique.
L’intérêt du roman se trouve dans cette manière obsessionnelle d’analyser la construction de la mémoire collective, d’établir sa vérité : l’accumulation de données, l’examen minutieux de documents – dossiers administratifs et judiciaires –, les reportages journalistiques, les analyses universitaires, les comptes-rendus des experts permettent au narrateur d’exposer les failles dans notre appréhension des événements. L’écriture devient le négatif des images, un contrepoint indispensable mais impuissant, qui cherche malgré tout à montrer ce qui demeure hors cadre, ce qui a été passé sous silence par un récit médiatique univoque.
Quelque chose, dans cette petite communauté enfantine qui refuse toute hiérarchie, résiste en effet à la compréhension : « Ils ne semblaient pas avoir un leader affirmé. Peut-être que quelques groupes étaient commandés par certains enfants, mais leurs mouvements ne paraissaient pas orchestrés par une tête pensante. Ils se réunissaient parfois derrière la mairie, où ils restaient des heures, vautrés sur un terre-plein de gazon, à rire, puis ils se relevaient pour partir ailleurs. » Devant leur joie et leur liberté, le narrateur a l’impression « que l’enfance était beaucoup mieux exprimée dans leurs jeux que dans ceux, réglés et pleins d’interdits, de nos enfants ».
Un face-à-face se produit entre le narrateur et ce groupe, cet ensemble dont il est impossible de distinguer les membres : les personnalités s’effacent dans le jeu et dans cette manière jouissive qu’a chacun de s’approprier la violence. Ces enfants qui s’installent au cœur de la ville constituent une menace sourde, ils sont semblables aux larves qui couvent dans le cou de Moira, une chienne errante que la famille du narrateur a adoptée, mais qu’elle n’a pas réussi à domestiquer entièrement : « En examinant son pelage du bout des doigts je découvris avec horreur dans son cou une boule de la taille d’une mandarine grouillante d’asticots. Cette masse vivante de larves s’immobilisa un instant avant de reprendre son grouillement. »
Les analogies avec le règne animal, notamment avec les insectes, ponctuent les descriptions. Les essais de Maurice Maeterlinck sur la vie des abeilles, des fourmis et des termites ont constitué une lecture déterminante, explique l’auteur, pour construire cette utopie d’une société enfantine : une sorte de république anarchiste qui réfute le mythe d’un âge d’or, qui refuse la conception de l’enfance que l’on cultive depuis les Lumières.
Plus encore, Andrés Barba, qui a traduit vers l’espagnol des classiques en anglais préoccupés par la question de la sauvagerie, comme Defoe, Conrad, Melville ou Lewis Caroll, interroge la frontière fragile entre civilisation et barbarie. Cette république « lumineuse » nous invite, du fait de sa brutalité, à penser la (dé)construction du sujet dans son lien à la communauté : là où le contrôle des affects et des émotions – l’amour, la peur – joue un rôle déterminant. La possibilité d’une libération viendra de l’invention d’un nouveau langage, de nouvelles formes d’amour.
***
Andrés Barba, Une république lumineuse, trad. de l’espagnol par François Gaudry, Christian Bourgois, 192 pages, 18 €
Cela me rappelle l’article d’Emmanuelle Araujo, sur le blog de Médiapart, « l’enfance, le chainon manquant » où elle écrit l’enfance est politique ! Et également l’article sur l’Agency que nous a partagé Daniel
Un livre pour les vacances…. un peu cher, on attend qu’il soit en poche 😉
Bonjour
Je ne suis pas dans les conditions pour écrire longuement
Je viens de finir de relire » l’inégalité nuit gravement à la santé » de Richard Wilkinson
Je te le conseille Catherine et à tous et toutes.
Il n’est pas long, le point de vue est différent de celui d’Olivier mais le recoupe.
En gros plus il y a de hiérarchie, plus il y a d’inégalités, plus il y a de stress chronique et de violences et plus les personnes précarisés sont en mauvaise santé.Bonjour
Je ne suis pas dans les conditions pour écrire longuement
Je viens de finir de relire » l’inégalité nuit gravement à la santé » de Richard Wilkinson
Je te le conseille Catherine et à tous et toutes.
Il n’est pas long, le point de vue est différent de celui d’Olivier mais le recoupe.
En gros plus il y a de hiérarchie, plus il y a d’inégalités, plus il y a de stress chronique et de violences et plus les personnes précarisés sont en mauvaise santé.
Une amie médecin en Pmi, me le confirme pour les grossesses.
Le livre aborde les effets du stress sur le cerveau de l’enfant et confirme que le cerveau est dévolu, avant tout, aux relations sociales.
Ceci est très très résumé
Je vais essayer une fiche de lecture 😉
A bientôtMerci à Catherine B. pour ce travail de mémoire, qui pourra être ajouter à l’article, voir y contribuer
Merci à Victorine pour ton post, oui j’ai aussi appris avec tristesse les décès de Carine Phung et Sylvie Vermuelen
Merci Sophie pour ces infos
as-tu le lien pour que l’on puisse voir les inscriptions ?
1 juillet 2020 à 2 h 15 min en réponse à : Discussion sur la philosophie de l’OVEO (et la domination adulte) #6018bonjouroui les violences sexuelles ont leur place, bien sûr car il s’agit. d’un continuum, l’adulte s’approprie le corps et l’esprit de l’enfant de multiples manières, en le frappant, en l’humiliant, en le touchant de façon à l’utiliser à ses propres fins, en instaurant un lien de subordination.
C’est pour cela que la domination adulte est un concept plus large qui permet de prendre en compte la complexité. Comme dans la relation de
bonjouroui les violences sexuelles ont leur place, bien sûr car il s’agit. d’un continuum, l’adulte s’approprie le corps et l’esprit de l’enfant de multiples manières, en le frappant, en l’humiliant, en le touchant de façon à l’utiliser à ses propres fins, en instaurant un lien de subordination.
C’est pour cela que la domination adulte est un concept plus large qui permet de prendre en compte la complexité. Comme dans la relation de domination homme/femme, humains/nature, humains/animaux, valides/non valides, »blancs »/ »noirs »ou racisés, « riches »/ »pauvres,…et pour moi cela n’est pas une vision anarchiste, mais une vision qui tient compte des rapports de forces qui s’exercent dans la société, certainement une vision plus à gauche si cette lecture du monde a encore un sens.
Lorsque j’interviens sur la sensibilisation à la VEO je parle de l’inceste et des violences sexuelles faites au enfants (qui sont plus importantes en nombre que celles faites aux femmes 81% des violences sexuelles ont lieu avant 18 ans) avec l’exemple de la prévention qui tente d’éduquer au non consentement type « on ne touche pas ici » et je demande comment un enfant à qui on demande d’obéir presque en permanence, peut tout d’un coup dire à un adulte « NON » ??
Dans la réalité c’est impossible que l’enfant puisse dire NON à un adulte agresseur sexuel si on lui a toujours appris à dire Oui à un adulte en général ou alors il faudrait aussi lui permettre de dire NON à un adulte qui veut le frapper, l’humilier, l’agresser physiquement ou verbalement, ou qui ne prend pas en compte qu’il est une personne à part entière.
A la réflexion il me semble que les violences sexuelles ordinaires ont une visée, inconsciente, d’éducation au patriarcat, à la culture du viol. Je me souviens être mal à l’aise lorsque je voyais mon père toucher les fesses de ma mère, et une fois adulte m’être sentie humiliée lorsque mon compagnon le faisait sans mon accord. Et c’est que récemment que j’ai appris que c’était une agression sexuelle. Et c’est bien ainsi que je le ressentais, mais cela est si banal…Il y aurait sans doute beaucoup d’exemples qui semblent anodins qui vont dans ce sens.
Je suis d’accord comme le propose Daniel, que l’OVEO soit solidaires des associations qui luttent pour d’autres dimensions de la domination adulte enfant.
Bonjour
je suis bien sûr ok pour ta proposition Catherine, de faire un article qui parle de Marianne, on pourrait y mettre les liens des articles qu’elle a écrit, des affiches qu’elle a faite, …
pour moi il est nécessaire de faire cela, pour nous, pour sa fille
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Cette réponse a été modifiée le il y a 5 années et 7 mois par
cahty malherbe.
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Cette réponse a été modifiée le il y a 5 années et 7 mois par
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